mercredi 16 juin 2021

Au coeur des abstractions, Marie Raymond et ses amis de Victor Vanoosten / Musée de Tessé Le Mans


 Désormais Paris et ses grandes expositions ( souvent hors de prix) peuvent trembler sur leurs cimaises, la province...heu les régions... jouent désormais dans la cour des grands et proposent en plus des sujets bien moins conventionnels ou attendus. C'est le cas en ce moment, dans beaucoup de musées comme  à Lyon avec la rétrospective Flandrin ou depuis quelques jours au musée de Tessé du Mans avec une exposition de haute volée autour de l'abstraction. 

Le sujet peut apparaître ardu, voire réducteur ou un peu clivant, surtout qu'il s'adosse à un nom pas vraiment connu de la peinture : Marie Raymond. Pourtant, quand on parcourt les 7 salles de cette exposition, on ne peut en ressortir qu'avec un sentiment d'avoir appris, (re)découvert des artistes et surtout plongé dans un univers pictural vibrant et désormais plus proche ( même pour ceux qui sont allergiques à l'art abstrait) parce que nous avons rencontré les plus grands talents de l'art abstrait ( Soulages, Schneider, Hartung, De Staël, Poliakoff, Klein, Arman, Tinguely, ....).


Nicolas de Staël  ( 1952) ( première fois exposé en France !)


D'autres moins connus qui sont ici remis judicieusement en avant ( van Velde, Sophie Warburg, dite Nicolaas Warb, ...) et donc Marie Raymond. 

Nicolaas Warb ( Sophie Warburg, dite ) Voyage imprévu ( 1954) 

Mais qui est Marie Raymond ? En plus d'être une artiste tombée très, trop vite dans l'oubli, peut être parce que femme, elle fut aussi la mère d'Yves Klein, celle qui, au sortir de la guerre, tenait un salon autour de l'art pictural (à la mode Verdurin? )  très couru des peintres de l'avant-garde de l'époque ( dont on retrouve les tableaux de pas mal de participants dans l'exposition) mais également une critique d'art reconnue surtout dans l'abstraction. Ce qui est mis en avant ici, en plus de son caractère de défricheuse de talents, c'est donc sa peinture, abstraite bien évidemment, mais joyeuse, libre, colorée ou utilisant une palette de couleurs pastels et d'où se dégage une certaine douceur. Un très bel accrochage auprès de ses amis artistes supporte parfaitement le voisinage et démontre que cet oubli dans lequel elle est tombée, demeure particulièrement injuste. 

Marie Raymond Composition ( 1949) 



Marie Raymond Sans titre ( 1948) côtoyant Gérard Schneider Opus 488 ( 1951)

Si durant votre été, quand vous verrez sur l'autoroute la bretelle de sortie "LE MANS", prenez-la et foncez voir, outre sa vieille ville, cette superbe exposition offerte ( oui, offerte car gratuite!) par le musée de Tessé et sa formidable équipe ( je suis sans connivence, je ne les connais pas, je ne fais qu'admirer leur travail. ) Hélas, la ville, qui pourtant rêve d'être ville culturelle, ne fait qu'une communication minable autour de cet événement qui est pourtant l'une des plus intéressantes expositions de l'été en France. Et même si l'art abstrait ne vous parle pas, un conseil, entrez, et laissez-vous porter par l'ambiance créée par tous ces tableaux soigneusement choisis, faites comme si vous écoutez un morceau de musique, promenez votre regard dans ces lignes, ces couleurs, ces toiles superbes, lisez les cartels qui vous guideront sans vous assommer et c'est certain, vous en ressortirez grandis ! 

Un magnifique catalogue accompagne cette exposition, véritable petit précis de l'art abstrait ( pour les non-initiés). 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Old de M. Night Shyamalan

 Ne vous attendez pas à être terrassé par un twist final avec le nouveau Shyamalan, il n'y en pas ( ou alors,  vous n'avez jamais vu...