vendredi 31 janvier 2020

Les traducteurs de Régis Roinsard


Voici un thriller qui parvient à nous intéresser et à nous bluffer malgré pas mal de défauts qu'une intrigue diabolique ( et un acteur) arrive à partiellement gommer. 
Sans doute passionné des claviers, Régis Roinsard abandonne les machines à écrire de "Populaire" pour les ordinateurs de 9 traducteurs enfermés dans un bunker pour traduire dans le plus grand secret le dernier tome d'un polar au succès mondial. Toujours des tables alignées avec des personnes derrière, mais cette fois-ci, finie la comédie et en route, pour le films à suspens, discret hommage à Agatha Christie voire à Hitchcock. Sur un thème connu ( Qui est le coupable?), le film va constamment jouer avec nous, dévoilant petit à petit ses secrets avec une succession de rebondissements et d'aveux qui vont maintenir la pression jusqu'à la fin. L'intrigue principale, avec ses flash-backs, serait un modèle d'efficacité si elle n'était pas parfois ternie un trop plein de personnages dont le développement, sans doute obligé par une distribution haut de gamme, tourne parfois un peu à vide, voire au cliché ( L'italien est hâbleur, le grec gay, la russe semble sortir d'un James Bond... normal c'est Olga Kurylenko, juste dépoussiérée depuis son passage dans " Quantum of Solace" ). Et puis, il y a ce bunker, dont il faut bien sortir. Ce n'est qu'au prix de quelques petits invraisemblances et d'un montée en perversité du personnage de l'éditeur joué par Lambert Wilson que l'on y arrivera( sans doute le passage le moins réussi du film ). 
Mais malgré tout, "Les traducteurs"  finissent par remplir leur cahier des charges niveau adrénaline. On aura droit à une sorte de course poursuite dans Paris assez originale et une dernière partie où de révélations en machiavélisme, on ne s'ennuie pas une seconde. Mais, en plus de son intrigue, le film fonctionne sacrément bien grâce à la performance d'un acteur dont la présence se déploie petit à petit, pour finir par épater complètement, celle du jeune Alex Lawther, vraiment épatant dans le rôle du jeune traducteur anglais, véritable héros de ce long-métrage français( et ambitieux) qui nous change des comédies franchouillardes ou des drames psychologiques habituels. On notera aussi la présence toujours sympathique de Sara Giraudeau et aussi, un petit coup de griffe au milieu de l'édition, négrier des temps modernes. 

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