jeudi 16 janvier 2020

Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz


Editions de Minuit + Jean Echenoz = Pâmoison de la critique, c'est l'équation habituelle à chaque rentrée littéraire. Pour souvenir, en septembre dernier, l'équation était la même, il suffisait de troquer Echenoz pour Toussaint ( et l'an passé par Delabroy-Allard ). L'avantage avec la succession des sorties des nouveaux opus de Toussaint et Echenoz, est la possibilité de recyclage des critiques, très tendance en période de conscience écologique, mais de moins en moins crédibles auprès du lectorat potentiel qui commence à connaître les ficelles. A lire tous ces messieurs dames journalistes culturels, le dernier Echenoz est formidable ( barrer les mentions inutiles ) d'humour, de drôlerie, d'impertinence, quelle invention, quel sens du détail comique, quelle fantaisie, je n'ai rien lu de plus drôle depuis....J.P. Toussaint, ... Bref, l'ancien prix Goncourt a fait gondoler de rire tout ce qui fait l'opinion.
A leur décharge, reconnaissons que le roman comique n'est pas un genre où leurs augustes regards plongent souvent. Comme au cinéma, faire rire semble réservé à quelques lecteurs moyennement cultivés et surtout amoureux de détente facile, donc négligeables ( alors que faire rire est autrement plus complexe que d'émouvoir avec le départ de sa compagne avec l'amant de sa fille cancéreuse).  Mais quand les chiquissimes éditions de Minuit publient un roman un tantinet drôle, la critique s'enthousiasme autant que si elle découvrait un nouveau chapitre perdu de "La recherche du temps perdu". Et soudain leur apparaît cette chose si peu ordinaire : Un roman peut faire rire...
...Ou sourire, ce qui convient mieux à cette " Vie de Gérard Fulmard". A les lire, les écouter, qu'est-ce que c'est drôle cette rue Erlanger, ce Mike Brandt qui tombe juste devant la maman du héros ou ce japonais qui a découpé en morceaux dans la même rue une étudiante après en avoir mangé quelques morceaux. Oui, c'est drolatique, bien amené dans le roman mais ça prend dix lignes à tout casser ! Car le reste de l'histoire de ce pauvre Gérard Fulmard aussi large que haut, ex stewart au chômage qui se reconvertit en détective privé, ne rutile pas tant que ça. Le gros du récit tourne autour d'un emploi de tueur à gage pour un parti politique assez extrême ( droite) mais aux scores électoraux mineurs ( autour de 2 %) mais ne s'extrait jamais réellement du tout venant. Il faut reconnaître à Jean Echenoz une plume alerte, un sens de la dérision évident, une observation du quotidien malicieuse mais son roman, plaisant et facile à lire ne demeurera toutefois pas comme un modèle du genre, juste une petite fantaisie qui fera passer un bon moment. C'est déjà bien mais c'est juste ça.  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

La troisième guerre de Giovanni Aloi

 Faire un film sur ces hommes que nous voyons déambuler dans nos villes engoncés dans une tenue qui rappelle quelque cuirasse d'antiques...