jeudi 11 février 2021

La Mission de Paul Greengrass

 


 Les salles fermées, et sans doute pour ne pas perdre cette habitude de vendre tout et n'importe quoi aux futurs spectateurs, pas mal de journaux  ont tendance ces derniers semaines à s'esbaudir pour le moindre film arrivant sur Netflix ou Amazon Primevidéo. En ce moment, c'est "La Mission" de Paul Greengrass ( réalisateur de quelques nanars énervés... la série Jason Bourne notamment) qui a la chance de bénéficier d'un surcroît de qualificatifs divers et variés. Il devait sortir début janvier , mais Universal s'en est débarrassé en le vendant à la plateforme de streaming. Qu'importe, un western avec une star, voilà qui va faire du buzz. On parle de majestueuses "premières nouvelles de l'Amérique de Biden" ( alors que le film a eu pas mal de péripéties avant d'être produit...on s'est refilé le scénario de studio en studio, donc des nouvelles peut être, mais pas très fraîches) avec bien sûr la description en creux de la division actuelle du pays, ... grand clin d'oeil appuyé puisque le film se situe juste après la guerre de sécession... On nous parle évidemment de coup de pied à Trump et même d'un plaidoyer impitoyable pour la défense de la presse ( laquelle?)  et la lutte contre les fake news. Là, il va falloir se calmer, car si le personnage principal lit des articles de presse en public, pour attirer son auditoire, il ne renâcle pas à chercher les nouvelles croustillantes et ainsi ramasser quelques sous. 

Si La Mission capte autant l'attention, c'est uniquement parce que Tom Hanks, l'actuel père idéal de l'Amérique, interprète le premier rôle... Enfin, disons plutôt qu'il a accepté de poser un chapeau sur sa tête, de laisser pousser sa barbe et convenir de lever le sourcil  lorsqu'il sent qu'il va y avoir du grabuge et daigner faire un regard de chien battu lorsque la situation devient émouvante. Un minimum syndical à l'image d'ailleurs du film où tout est bien pâlichon. Le scénario, modeste copie de quelques vieux John Ford, narre le périple d'un ancien soldat qui doit traverser le pays pour ramener à sa famille restante une pauvre orpheline. L'avantage de la petite fille est qu'elle ne parle qu'un dialecte indien, donc elle se tait. Elle a été castée pour ses yeux bleus intenses. Cela permet à Tom de monologuer ...mais de s'attacher aussi, bien évidemment. Le voyage ne sera pas de tout repos...à l'écran...car dans notre fauteuil de salon on s'ennuie ferme devant l'enfilade de scènes prévisibles. On traverse de grandes immensités quasi désertiques ( on devine que certains plans ont été tournés devant un fond vert...le film a obtenu aussi un budget minime ...ou tout est allé à la star.), on aperçoit des bisons. Lorsque Tom fronce le sourcil, on sent le danger. Du coup la petite fille est encore plus décoiffée ( gros budget coiffure/enfant par contre ...car pour décoiffer des cheveux raides, il faut du matos) et ouvre plus grands ses yeux ronds. Elle a raison car ce sont toujours des méchants bien méchants. On les affronte notamment dans une longue  scène de combat qui ferait passer n'importe quelle petite bagarre de la série Zorro ( celle des années  60) pour un moment cultissime. Plus tard, on restera pantois devant un supposé ou voulu morceau de bravoure à base de tornade avant d'attendre la fin plus que prévisible,  qui est pour certains journaux "une ode au vivre ensemble". 

Malgré Tom Hanks, on comprend pourquoi Universal a cédé les droits à Netflix : sur les écrans de ciné, les grands espaces n'auraient pas pu camoufler le manque d'inspiration de ce film trop sage, pas inspiré et au final très très banal. Et c'est de bonne guerre de justement refiler ses rogatons ...mais de là y prendre goût... 



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