dimanche 25 juillet 2021

Onoda de Arthur Harari


 Un film français, en japonais, sur le dernier guerrier nippon, seul sur une île des Philippines et ayant cru jusqu'en 1974 que la deuxième guerre mondiale continuait, le tout sur 2h47,  ce n'est pas courant. Présenté en ouverture de la section "Un certain regard" à Cannes, on pourrait être tenté de caser ce long-métrage dans la case "film d'auteur rasoir", tant la longueur et le thème suppose un récit lent et contemplatif. Détrompez-vous, c'est une grand film d'aventures que nous propose Arthur Harari. 

Une fois l'histoire installée, et c'est peut être la partie qui manque un peu de nerf, ayant de mal à placer le récit dans le réel contexte historique seulement évoqué par des dialogues, le film démarre sans faiblir jusqu'à la fin. Sans rien dévoiler de l'histoire, au départ, le lieutenant Onoda, n'est pas seul car accompagné de quelques autres soldats. Et si vous vous figurez que l'île qu'on leur ordonne de défendre ressemble à celle de Robinson Crusoé, deuxième méprise, elle est grande, possède une population autochtone qui vit des ressources des plaines et des forêts de l'endroit.  Plein d'ingrédients pour donner de l'action à ses 10 000 nuits passées loin de tout et dans un état perpétuel de surveillance.  C'est donc une sorte de "survival" ....à l'américaine car on y sent toute l'influence de films étatsuniens, des westerns de John Ford ou  de Raoul Walsh mais aussi de la lumière de pas mal de films sur la guerre du Viêt-Nam. Pour accompagner les nombreux soubresauts de cette histoire, Arthur Harari déploie une mise en scène magnifique, d'une grande élégance, composant des scènes toutes plus parlantes les unes que les autres. Les acteurs sont au diapason, formidablement intenses. Les 2h47 passent très vite et se paient le luxe d'entrer en résonance avec notre époque où nous voyons sous nos yeux de spectateurs comment s'alimente la théorie du complot si à la mode ces derniers mois en 2021. 

Donc, pour résumer, "Onoda" est un film français ambitieux, très réussi, qui plaira à tout amateur de grand film d'aventures et qui, en ne sombrant jamais dans la facilité, passionnera aussi un spectateur plus exigeant. On dirait qu'Arthur Harari a trouvé la formule magique pour rallier tous les suffrages. 




1 commentaire:

  1. Bonjour Pierre D, ce que je trouve extraordinaire c'est de tenir le spectateur en haleine pendant 2h40+ sur un tel sujet. Les acteurs sont tous très bien. Bonne après-midi.

    RépondreSupprimer

La troisième guerre de Giovanni Aloi

 Faire un film sur ces hommes que nous voyons déambuler dans nos villes engoncés dans une tenue qui rappelle quelque cuirasse d'antiques...