dimanche 4 avril 2021

Kérozène de Adeline Dieudonné


 On attendait le retour d'Adeline Dieudonné avec impatience tant l'excellente impression de son premier roman "La vraie vie"  et l'univers si singulier qu'elle y déployait attendait confirmation avec une nouvelle publication. Voici donc "Kérozène" son deuxième roman... heu... pas tout à fait quand même. 

Si l'on traîne un peu sur le net, on trouve des articles célébrant l'ouvrage en le qualifiant d'OLNI ( Objet Littéraire Non Identifié) façon marketing de dire que ce n'est ni tout à fait un roman, ni tout à fait un recueil de nouvelles. Mais alors qu'est-ce donc ? Un livre, qui par son originalité de forme défie les codes existant ? Que nenni ! Quand on se plonge dedans, on s'aperçoit assez vite qu'Adeline Dieudonné avait dans ses tiroirs quelques nouvelles pas trop mal fichues et a eu l'idée de les recoudre ensemble pour en faire un genre de récit choral un peu artificiel, dont on devine hélas les coutures trop apparentes. Si l'idée de raconter le destin de tous les personnages présents dans une station service d'autoroute à un instant T peut faire son effet, il se bute quand même aux limites de ce patchwork littéraire un peu trop fabriqué. ( De part l'autoroute, on pense inévitablement à l'excellent roman "Aires" de Marcus Malte paru l'an passé et qui, lui, était un vrai roman choral). 

Cependant, malgré cette réserve, chaque histoire donne une idée de l'imagination de l'auteure, très à son aise à mêler avec entrain situations trashs, personnages au bord de l'abîme, animaux et violences diverses. Avec une écriture simple, quelque chose de proche des  Grimaldi, Valognes et autre Martin-Lugand  mais comme si ces dernières avaient des idées originales, fumaient la moquette et avaient envie de secouer leurs lecteurs pour les sortir de leur cocon trop douillet, "Kérozène" fait passer un agréable moment. On reste toutefois un peu sur sa faim, l'entreprise, un peu disparate, laissant comme un goût d'inachevé ( ou de bassement commercial). On attendra donc un troisième opus vraiment romanesque pour juger pleinement de la virtuosité d'Adeline Dieudonné qui, ici, fait toutefois preuve d'un regard singulier et d'une fantaisie toujours aussi mordante. 

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