lundi 3 mai 2021

The Disciple de Chaitanya Tamhane


 AAAaaaaaaaAAAA dzing dzing dzong dzing aaaaaAAAAAaAaAa, difficile de traduire par écrit ce que l'on entend durant les trois quart du temps dans ce film qui dure plus de deux heures. 

 AAAaaaaaaaAAAA dzing dzing dzong dzing aaaaaAAAAAaAaAa, c'est du râga, musique ancestrale indienne, évidemment empreinte de spiritualité et pas facilement écoutable par nos oreilles occidentales. Elle est coeur de ce film qui a obtenu le prix du scénario au dernier festival de Venise... 

Très loin de la brillance et des romances indiennes habituelles, "The Disciple" lorgne évidemment vers le cinéma d'auteur ( et de festival), avec un hommage appuyé au "Salon de musique" de Satyajit Ray. A défaut de ballets flamboyants et de romance entre une princesse et un beau jeune homme, nous avons droit à de nombreux concerts de râga. N'imaginez pas un stade en délire mais plutôt une salle polyvalente où 20 personnes écoutent religieusement ( avec un léger dodelinement de tête) un chanteur et trois musiciens accroupis. AAAaaaaaaaAAAA dzing dzing dzong dzing aaaaaAAAAAaAaAa, .... Un spectateur indien est peut être apte à saisir le manque de pratique vocale du héros qui bousille sa vie à essayer d'égaliser un maître de ces chants ( qui lui donne des leçons tel un gourou). Lui y croit, pense que cela viendra avec l'âge et passe son temps à s'exercer .... AAAaaaaaaaAAAA dzing dzing dzong dzing aaaaaAAAAAaAaAa. Peu de vie sociale, ni amoureuse , il est condamné à travailler son chant et à se masturber devant un écran noir ( censure locale je présume)AAAaaaaaaaAAAA aaaaaAAAAAaAaAa, ( il n'y a plus le dzing...c'est sans musique, les mains sont prises ailleurs). 

Au milieu de cette musique lancinante, on y trouve quand même une réflexion sur les dangers de l'ascétisme, de la dépossession de soi face à un art qui, lui, contrairement aux obsessions du héros pour les anciens, évolue inexorablement... Cependant, en plus des constants AAAaaaaaaaAAAA dzing dzing dzong dzing aaaaaAAAAAaAaAa, on peut être déstabilisé par une lenteur narrative qui frise parfois le concept arty ( images au ralenti du héros, la nuit, en moto, écoutant les préceptes d'une vieille chanteuse disparue). On pourra toutefois admirer au passage des plans magnifiques même si assez statiques et surtout un peu redondants par rapport à l'intrigue puisque surlignant le propos. 

Je ne sais pas si vous aurez le courage de chercher dans l'arborescence de Netflix ce long-métrage, assurément totalement à contre emploi sur la plateforme ( mais on le trouve aussi sur MUBI en ce moment), ni même l'envie de découvrir le râga ( AAAaaaaaaaAAAA dzing dzing dzong dzing aaaaaAAAAAaAaAa,  je rappelle) mais un petit voyage en Inde, ça peut dépayser....



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