mardi 18 janvier 2022

Les Leçons Persanes de Vadim Perelman


Comment un film avec un scénario plutôt abracadabrant et une réalisation pas des plus imaginative arrive toutefois à tenir son spectateur en haleine jusqu'au bout ? C'est le genre d'équation que parvient à réussir en grande partie "Les leçons Persanes". 
Nous avons au départ, Gilles, jeune français, qui se fait arrêter en 1942 et déporter dans un camp. Par un hasard du destin autant que par instinct de survie, il échappe à une mort certaine en proclamant qu'il n'est pas juif mais persan. Coup de pot, un des chefs du camp, amoureux absolu de la Perse et rêvant après-guerre de s'y installer, veut apprendre le farsi. Et voilà notre jeune français devenant professeur pour un nazi pas vraiment sympa et se trouvant dans l'obligation d'inventer au fil des jours une langue. Au péril de sa vie, dans la peur absolue que l'on découvre son imposture, il va distiller un faux savoir à une personne qui a droit de vie et de mort. 
L'intrigue, certes originale, un peu tirée par les cheveux va devenir de plus en plus improbable au fil des scènes et des multiples rebondissements qui essaiment le scénario. La supercherie n'est pas trop crédible à l'écran, les leçons se résumant à accumuler du vocabulaire avec quasiment aucune grammaire ( ce qui ne met pas la puce à l'oreille du commandant nazi... sans doute peu familier avec la pédagogie des langues). Malgré tout, on ferme les yeux devant ces incohérences car une forte empathie se crée grâce à l'interprète principal, Nahuel Perez Biscayart, totalement investi dans son rôle et jouant à merveille de son regard de jeune chiot apeuré. Face à lui, Lars Eidinger, lui aussi formidablement inquiétant, apporte l'indispensable contre poids en incarnant un vrai méchant. 
Pour peu que l'on se laisse porter par ce duo de comédiens au top, le film se regarde sans déplaisir et parvient même, au bout de multiples péripéties à émouvoir le spectateur avec une scène finale d'une grande émotion. Pas le film de l'année, ni un grand film historique, plutôt un thriller psychologique grand public pas déshonorant ( même si l'on peut trouver léger de se servir de la shoah pour faire naître du suspens). 




 

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