lundi 8 mars 2021

Moxie de Amy Poehler


Ce mois-ci chez Netflix, c'est le mois de la femme, 8 mars oblige. Sortent à quelques jours d'intervalles deux productions sensées mettre le féminin à l'honneur : "La sentinelle" épouvantable navet au féminisme frelaté et "Moxie", un teen-movie américain réalisé par une star locale comique. 

Qui dit teen-movie, dit lycée, pom-pom girls, équipe de foot et sa cohorte d'ados démangés par le stupre et l'envie de danser jusqu'après minuit. Sur ce plan là, nous ne sommes pas volés sur la marchandise, le film coche toutes ces cases. Mais, et c'est sans doute la seule réelle originalité de "Moxie", il fait du féminisme le thème principal de son histoire. Là aussi, le film essaie de cocher la plupart des cases pour proposer le parfait petit vademecum féministe à son public ( que l'on devine dans la même tranche d'âge que ceux qui s'agitent à l'écran). A travers le combat contre la dictature masculine dans son école d'une jeune fille un peu renfermée, pas du tout dans les groupes de celles et ceux qui comptent dans un lycée ( donc faisant partie de celles qui ne couchent pas et ne draguent pas les joueurs de foot), "Moxie" essaie de déboulonner cette image bien ancrée du jeune mâle américain tout puissant face à des donzelles en attente de servir au repos du footballeur si prestigieux. 

Si le film coche là aussi toutes les bonnes cases : lutte contre le sexisme, le machisme, hégémonie du mâle parce que footballeur et donc permettant de faire briller le nom du lycée et sa proviseure ( il est bien connu que les femmes peuvent aussi être les pires ennemis de la cause défendue), violence verbale, viol même, le film reste toutefois bien sage dans sa façon de filmer tout comme de s'attaquer au us et coutumes très genrées des écoles américaines. Il amalgame malicieusement combat et éveil aussi bien sensuel que militant de sa jeune héroïne. Du coup, le public visé n'est pas trop dépaysé : il aura sa bluette mais mâtinée d'un soupçon de remise en question.

Pas désagréable à regarder, pédagogique mas pas trop lourdaud, même s'il ne déroge jamais aux règles habituelles du teen-movie, "Moxie" enchantera sans doute les ados qui sentent fourmiller des envies de changer un peu les codes. Les adultes y verront plus un film sympa mais assez convenu. 

PS : Dans le rôle du beau mec, capitaine de l'équipe de foot et qui fait sa loi dans le poulailler, nous découvrons Patrick Schwarzenegger, oui, le fils de...



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